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Réparations locatives : qui paie quoi ? (décret 87-712)

La source de conflit numéro un à l'état des lieux de sortie. Le décret de 1987 tranche : voici qui paie quoi, sans ambiguïté — tableau complet à l'appui.

Par Loan Devidal · 8 min de lecture

Escalier intérieur, illustrant le partage des réparations locatives entre bailleur et locataire
Escalier intérieur, illustrant le partage des réparations locatives entre bailleur et locataire

C'est la source de conflit numéro un entre bailleurs et locataires, surtout à l'état des lieux de sortie. La règle existe pourtant, et elle est précise. Elle tient dans un décret de 1987.

Le principe

Le décret du 26 août 1987 (n° 87-712) liste les réparations dites « locatives », à la charge du locataire. La logique : tout ce qui relève de l'entretien courant et des petites réparations du quotidien est pour le locataire. Les gros travaux, la vétusté et les pannes dues à l'usure normale sont pour le bailleur.

Qui paie quoi : le tableau complet

À la charge du locataire (entretien courant)À la charge du bailleur (gros travaux, vétusté)
Remplacer ampoules, fusibles, petites fournituresMise aux normes et gros travaux électriques
Remplacer joints de robinet, flexibles de doucheRemplacer une robinetterie usée par le temps
Dégorger canalisations, éviers, siphonsRéparer les canalisations principales, colonnes
Entretenir la chaudière (contrat annuel)Remplacer une chaudière hors d'usage par vétusté
Détartrer le chauffe-eauRemplacer un chauffe-eau vétuste
Ramoner les conduits de cheminéeRéparer les conduits de fumée défectueux
Entretenir la VMC et les bouches d'aérationRemplacer une VMC hors service
Reboucher les trous, refaire une peinture qu'il a dégradéeRefaire toiture, façade, traiter l'humidité structurelle
Entretenir le jardin dont il a la jouissance (tonte, taille)Élaguer les gros arbres, réparer une clôture vétuste
Graisser et remplacer petites pièces (serrures, gonds, clés)Remplacer volets, fenêtres, portes usés par le temps
Remplacer les vitres cassées de son faitRéparer ce qui relève d'un vice de construction ou d'un cas de force majeure

Cette liste n'est qu'un échantillon des cas les plus fréquents. En cas de doute sur une réparation absente du tableau, posez-vous la bonne question : est-ce de l'entretien courant du quotidien (locataire) ou une grosse remise en état liée à l'âge du bâtiment (bailleur) ?

La notion clé : la vétusté

C'est l'usure normale liée au temps, et c'est elle qui renverse souvent la règle. Même un élément listé « locataire » redevient à la charge du bailleur si la dégradation vient de la vétusté, d'une malfaçon, d'un vice de construction, d'un cas de force majeure ou d'une faute du bailleur. Un locataire ne paie jamais pour l'usure naturelle d'un équipement. Pour l'objectiver, on utilise une grille de vétusté (annexée au bail), qui applique un abattement selon l'âge de l'équipement.

Exemple : à la sortie, la peinture d'un locataire parti après 6 ans est défraîchie. Le bailleur veut retenir 800 € de remise en peinture. Avec une grille de vétusté (peinture amortie sur environ 7 ans), il ne reste quasiment rien d'imputable au locataire après 6 ans. S'il retient les 800 €, le locataire peut contester et récupérer la somme.